| Il m’arrive de vous surprendre, estimé client, murmurer d’une voix blanche que le Muscadet ne serait pas vraiment digne de figurer sur une carte des vins et qu’il provoquerait même, à vous entendre, des migraines, voire, pour les plus pessimistes, des maux de ventre. En ce début d’année, il faut tordre le cou à certaines idées reçues à propos des vins blancs du vignoble nantais !
Pour avoir vendangé et payé de ma personne cinq années durant chez Pierre et Chantal Lieubeau à Château-Thébaud et pour m’être intéressé de près à leurs méthodes d’élevage, je puis affirmer que tout cela est sans fondement.
La Cuvée Prestige du Château de la Bourdinière 2005 en est un bon exemple. Ici, une vigne septuagénaire rampe à même le sol et peine à fournir 35 hectolitres à l’hectare (la législation en autorise 65 !). Le rognage des feuilles est effectué plusieurs fois dans l’été pour permettre un murissement optimal des grappes de Melon de Bourgogne. Le soufre n’est utilisé qu’à la mise en bouteille et seulement si cela est nécessaire.
Le résultat est à la hauteur du travail accompli : ce vin est d’une grande richesse. Un nez de fruits blancs et une bouche ronde et pleine de fraicheur en font un Muscadet atypique qui fera faire le dos rond à tous nos poissons !
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